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Coups de cœur de septembre

Les médiathécaires du CE vous proposent leurs coups de cœur...
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2018 09 valadeLivres

L'audace d'une étoile de Corine Valade

"Je préfère mourir de trop vivre que mourir d’ennui". Cette réplique résume à elle seule le destin hors du commun de Mauricia Coquiot, qui fut maire d’Othis de 1945 à 1964.  Née dans une famille de ciseleur à Thiers, celle qui s’appelle Mauricia Bétant décide de se marier à un croupier niçois pour pouvoir quitter sa région natale. Elle fréquente le milieu des parieurs et rencontre Jules Dumien. Il lui propose de monter à Paris et d’intégrer le milieu du cirque pour présenter un numéro, aussi spectaculaire que dangereux, à bord d’une voiture baptisée auto bolide. Elle présente ce numéro dans plusieurs cabarets dont les Folies Bergère dont elle devient une égérie.
Elle se produit ensuite dans des cirques du monde entier, de New York à Moscou en passant par la Belgique et Lisbonne, son surnom : la femme « bilboquet »
Désormais surnommée Mauricia de Thiers, la saltimbanque rencontre et épouse le critique d’art Gustave Coquiot. Grâce à lui, elle fréquente des artistes comme Marc Chagall ou Picasso. A la mort de son mari, elle s’installe à Othis en Seine et Marne et y commence sa troisième vie.
A la fin de la guerre, dès que les femmes obtiendront le droit de vote, elle sera l’une des premières femmes élues Maire et le restera jusqu'en 1964, date de son décès.

 

2018 09 edouard louis

Qui a tué mon père d'Edouard Louis

Ce nouveau livre d'Édouard Louis est un véritable pamphlet politique, porté par une voix littéraire qui s'installe avec évidence.
L’écrivain est issu d’une famille recomposée, centrée autour du père. Images parfois violentes d’un homme sans avenir arrivé à bout de force dans le nord de la France. Edouard Louis s’attache aux sentiments, petit à petit les souvenirs se détachent. Souvenirs d’un père qui boit, au chômage, qui insulte, d’une mère qui pleure et vocifère, d’un frère désœuvré.
A aucun moment, on ne ressent de l’affliction, car tout semble être juste normal et pourvu d’un schéma tout tracé. Car l’histoire de son père c’est celle de la violence sociale, un père pris dans l’étau d’un milieu social trop pauvre, sans perspectives, dont il ne parviendra jamais à s’extraire, malgré tous ses efforts. Le romancier démontre comment la politique a physiquement détruit son père et analyse cette violence de la société, qui par ricochets retombe sur l’enfant qu’il était alors…
De même qu’Edouard Louis sent quelque chose qui bout à l’intérieur de lui…Il est homosexuel, mais ni son père, ni sa mère ne l’acceptent. Peu à peu « le père » change, s’adoucit, et se met à s’intéresser à son fils.
L’écriture est d’une grâce étonnante et d’une grande maturité intellectuelle. On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec un certain classicisme, où des histoires familiales fortes et malheureuses se dessinent. Il règne une atmosphère à la Duras ou à la Zola, avec de l’optimisme en plus.

CD

The Connection et Portrait of Jason Shirley Clarke ( 2 DVD)

The Connection2018 09 connection1961, huit amis, certains musiciens mais tous junkies, attendent leur dealer dans un loft de Greenwich Village : « The Connection ». Pour se faire un peu d'argent, ils ont accepté d'être filmés par le vrai faux documentariste Jim Dunn et pour passer le temps, ils devisent et jouent du jazz. La bande son, jouée live par le quartet de Freddie Redd et Jackie McLean (dans leur propre rôle) est un chef d’œuvre de hard bop et les dialogues témoignent de ce que fut la culture Beat américaine... A travers cette fiction tournée comme un documentaire, Shirley Clarke joue sur notre perception du réel et dresse un portrait des marges de la société américaine.

Portrait of Jason
Nous sommes en décembre 1966, dans la chambre qu'occupe alors Shirley Clarke au mythique Chelsea Hotel à New York. Seul face à la caméra, Jason Holliday, un prostitué noir et gay, s'engage dans un long monologue autobiographique. A la fois metteur en scène et interprète de sa propre histoire, il raconte, une bouteille de scotch et une cigarette à la main, la vie qu'il s'est partiellement inventé depuis son enfance.